Vu sur
Midi-Madagascar le 01/02/08
L’antagonisme entre le conseil municipal à majorité TGV et le préfet de police représentant du pouvoir central, s’apparente au dualisme classique entre le pays réel et le pays légal. Entre le Tana réel issu du scrutin communal du 12 décembre 2007 et le Tana légal incarné par l’Etat à travers le décret relatif à la nomination des chefs Fokontany par le préfet de police.
Campagne En fait, pareille dichotomie sur l’autorité de nomination des chefs Fokontany ne se serait pas posée s’il n’y avait pas un précédent. En effet, du temps de la municipalité Tim, les chefs Fokontany étaient désignés par le maire ou ses délégués, au mépris de la distinction entre décentralisation et déconcentration. Les chefs Fokontany – présentés aujourd’hui comme étant les chefs d’un service déconcentré de l’Etat – avaient fait campagne pour le PDS candidat lors des dernières communales. Bon nombre d’entre eux devaient même mettre des bâtons dans les roues du TGV, qui en refusant aux délégués de ce dernier l’accès aux listes électorales, qui en ne facilitant pas l’ouverture de Q.G. du « Tanora Gasy Vonona » au niveau de chaque arrondissement de la Ville des Mille.
Alternance Après la nette victoire de Andry Rajoelina, la loi de l’alternance aurait voulu que ces chefs Fokontany pro-Tim ou anti-TGV (c’est selon) passent à la trappe. C’était sans compter sur le pouvoir central qui n’a pas intérêt à perdre totalement le contrôle des 192 Fokontany de la capitale qui fait et défait les régimes. D’où la sortie, presque au lendemain de la défaite du Tim, du décret octroyant le pouvoir de nomination des chefs Fokontany au préfet de police. Un texte taillé sur mesure pour le pouvoir ou contre le maire nouvellement élu. Avec un score sans précédent de 63%. Il caracolait en tête des résultats dans presque tous les bureaux de vote répartis dans les différents Fokontany de Tana. Forts de cette légitimité issue des urnes, le nouveau maire et les élus TGV au sein du conseil municipal, ont du mal à accepter que les chefs Fokontany ne reflètent pas le choix des électeurs de la capitale. Les premiers ne comprennent pas que la nomination des seconds ne corresponde pas au Tana réel consacré par la voie des urnes.
R. O